Le 10 mars 2026, le Mediterranean Migration and Asylum Policy Hub (MedMA) de l’Organisation européenne de droit public (EPLO) a organisé à Athènes une table de discussion sur les accords bilatéraux de migration conclus par la Grèce avec l’Égypte et le Bangladesh. L’événement a réuni des décideurs politiques, des chercheurs, des représentants de la société civile et des membres de la communauté diplomatique, dont des ambassadeurs et des représentants de plusieurs ambassades basées à Athènes.
Discours d'ouverture
L’événement a débuté par les allocutions de bienvenue de Markos Karavias, directeur du Mediterranean Migration and Asylum Policy Hub (MedMA) à l’EPLO, de Patroklos Georgiadis (EPLO) et d’Athanasios Vitsentzatos, directeur général des politiques migratoires au ministère de la Migration et de l’Asile.
Dans leurs remarques d'introduction, les intervenants ont souligné l'importance croissante des accords bilatéraux de mobilité de la main-d'œuvre en tant qu'outils politiques susceptibles de contribuer à pallier les pénuries de main-d'œuvre tout en créant des voies de migration plus structurées et plus transparentes.
Présentation des conclusions de recherche et des évolutions politiques
L’événement a donné lieu à la présentation de deux rapports examinant les évolutions récentes de la coopération bilatérale en matière de migration de main-d’œuvre en Grèce.
Vassilis Kerasiotis a présenté les conclusions du rapport sur le cadre Grèce-Bangladesh, abordant les évolutions récentes de la politique grecque en matière de migration de main-d’œuvre ainsi que le protocole d’accord entre la Grèce et le Bangladesh. La présentation s’est concentrée sur la manière dont l’accord vise à faciliter la mobilité légale de la main-d’œuvre tout en répondant aux pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs tels que l’agriculture et le tourisme.
À la suite de la présentation de M. Kerasiotis, S.E. Mme Nahida Shumona Rahman, ambassadrice du Bangladesh en Grèce, a prononcé un discours soulignant l’importance de la coopération bilatérale entre les deux pays et sa pertinence plus large pour la mobilité de la main-d’œuvre et la gouvernance des migrations.
Sebene Eshete, chargée de mission senior au MedMA, a ensuite présenté les conclusions du rapport examinant l’accord bilatéral Grèce-Égypte sur les travailleurs agricoles saisonniers, en mettant en évidence les principales évolutions politiques, les défis liés à la mise en œuvre et les implications plus larges de ce cadre.
Cette analyse s’est également appuyée sur des recherches plus larges explorant la transition « de l’invisibilité vers le travail légal », en mettant l’accent sur les travailleurs migrants qui restent dans des emplois irréguliers ou non déclarés, ainsi que sur le rôle que les programmes de migration structurés peuvent jouer pour faciliter l’accès aux marchés du travail formels et améliorer la protection des travailleurs.
Table ronde
La discussion s’est poursuivie avec une table ronde animée par Angelo Tramountanis (EKKE), à laquelle ont participé Christos Giannakakis, vice-président de l’ETHEAS, Michalis Kosmidis, directeur de la politique migratoire au ministère de la Migration et de l’Asile, et Adla Shashati, directrice du Forum grec des migrants.
La discussion visait à rassembler les points de vue des différentes parties prenantes concernées par ces politiques, notamment les autorités publiques, les employeurs et les acteurs du marché du travail, les représentants des migrants et des communautés de migrants, les chercheurs et les membres de la communauté diplomatique. L’un des thèmes clés de la conversation a été l’importance de créer des voies de migration opérationnelles et de comprendre ce qui fait que les accords bilatéraux de mobilité de main-d’œuvre fonctionnent dans la pratique, tant pour les migrants que pour les autres parties prenantes, dans le contexte plus large de la mobilité de main-d’œuvre et de la gouvernance des migrations.
Le panel a examiné à la fois les opportunités et les défis liés aux programmes bilatéraux de migration de main-d’œuvre, notamment les procédures de recrutement, la protection des travailleurs migrants et la gouvernance plus large de la mobilité de la main-d’œuvre. Les participants ont également discuté de la manière dont les accords bilatéraux interagissent avec des questions plus larges de gouvernance des migrations, telles que la capacité administrative, la prévisibilité des procédures et la mise en œuvre effective des garanties. Enfin, un autre point a été soulevé : les instruments de mobilité de la main-d’œuvre peuvent être plus durables lorsqu’ils sont complétés par des mesures favorisant un statut régulier, la stabilité familiale et la participation à la société. Cela renforce l’argument en faveur d’une approche de la mobilité de la main-d’œuvre s’inscrivant dans un cadre plus large de gouvernance des migrations.
Discussion de clôture
L’événement s’est conclu par un échange ouvert avec les participants, soulignant l’importance d’un dialogue continu entre les décideurs politiques, les chercheurs et les parties prenantes pour élaborer des politiques de migration de main-d’œuvre à la fois efficaces et fondées sur les droits.
MedMA remercie tous les intervenants et participants pour leur contribution à ce dialogue politique éclairé.